J’aime ça quand le beat crépite.
C’est pas toujours bon signe, dit-on. Ouais mais le bruit là, le grésillement, ben c’est comme les rides du disque, son histoire, pis quand j’écoute l’album d’Harmonium et que j’entends la grosse basse accoustique, Fiori, je pense à mes parents, jeunes, en train de l’écouter eux aussi dans le sous-sol, en train de rêver, han, projetés vers l’avenir, au même moment où je me tourne vers le passé avec nostalgie, man, c’est un cercle parfait, et c’est pour ça qu’on garde les vieilles affaires, pour les léguer aux enfants qui devenus vieux se rappellent notre jeunesse, juste pour ça, pour que la ligne du temps ne soit pas rompue.
— Man, c’est un cercle parfait.
Cet album-là, ma mère l’avait amené en classe quand elle était au Cegep. Elle avait fait une analyse d’Un musicien parmi tant d’autres. Ça m’a fait sourire et je me suis rappelé que moi aussi, j’avais amené un disque au Cegep pour faire un exposé sur une chanson. J’avais choisi Paradis perdu de Leloup.
C’est un beau hasard qu’à vingt ans d’intervalle ma mère et moi ayons présenté ce type de chanson en classe.





























